Quelles évolutions dans l’assiette des français ?
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) publie les résultats de sa troisième étude sur les consommations et les habitudes alimentaires de la population française, INCA 3.
Plus de 5 800 personnes ont participé à cette grande étude nationale en 2014 et 2015. Les études INCA fournissent ainsi à un instant donné une photographie des habitudes et consommations alimentaires de la population française métropolitaine.
D’après cette étude, les hommes mangent plus que les femmes. Celles-ci privilégient yaourts, fromages blancs, compotes, volailles, soupes et boissons chaudes. Les hommes favorisent les produits céréaliers, le fromage, les viandes et charcuteries, ou encore les crèmes dessert.
On constate des disparités de comportements en fonction de l’âge, du sexe, du niveau d’étude ou encore de la région. Ainsi, par exemple, les adultes de 65 à 79 ans consomment plus d’aliments faits maison, les hommes consomment plus de denrées animales crues, les individus ayant un niveau d’étude supérieur ou égal à bac+4 davantage de fruits et deux fois moins de boissons rafraîchissantes sans alcool, et les habitants des grandes agglomérations consomment plus de poissons, confiseries, chocolat et jus de fruits que dans les zones rurales (plus de charcuteries, de légumes et de fromages), etc.
Trop de sel
L’assiette des Français contient encore un peu trop de sel (en moyenne 9 g/j chez les hommes et 7 g/j chez les femmes à comparer aux objectifs du Programme national nutrition santé de respectivement 8 g/j et 6,5 g/j).
Les principaux aliments contributeurs sont les pains et les produits de panification sèche, les sandwichs, pizzas et pâtisseries salées, les condiments et sauces, les soupes et les charcuteries.
Il est donc important de poursuivre et d’amplifier l’effort de réduction des teneurs en sel des aliments engagé par les professionnels de l’alimentaire.
Pas assez de fibres
Les apports en fibres (20 g/j en moyenne chez les adultes) apparaissent quant à eux trop faibles par rapport aux recommandations de l’Anses (30 g/j).
Les professionnels sont donc encouragés à augmenter les teneurs en fibres des aliments et les consommateurs encouragés à privilégier les aliments riches en fibres (fruits et légumes, légumineuses et produits céréaliers riches en fibres).
Plus de produits transformés
On constate une consommation plus élevée d’aliments transformés dans l’alimentation des Français qu’auparavant.
Les produits agro-alimentaires industriels représentent la majorité de ces aliments transformés consommés par les Français hors restauration (deux tiers chez les enfants et la moitié chez les adultes).
Plus de denrées animales crues
La consommation de denrées d’origine animale crues (œuf, viande, poisson, mollusque) chez les adultes a progressé, avec notamment un doublement du taux de consommateurs de poissons crus (de 15% à 31%) et une progression significative de celui de viande de bœuf crue (de 24% à 30%).
Un approvisionnement local courant
Près des trois quarts des enfants âgés de 3 à 17 ans et des adultes âgés de 18 à 79 ans déclarent avoir consommé au moins une fois par mois des aliments issus de leur propre production (potager, élevage), cueillette, chasse ou pêche, ou de celle d’un proche, au cours des douze mois précédant l’enquête.
Les aliments les plus autoconsommés sont les fruits, les légumes, les pommes de terre et les œufs. L’autoconsommation hebdomadaire est moins fréquente en région parisienne et en milieu urbain que dans les autres régions françaises et en milieu rural. Par ailleurs, elle augmente avec l’âge chez les adultes, passant de 51% chez les adultes de 18 à 44 ans à 63% chez ceux de 65 à 79 ans.
De nouveaux enjeux en termes de sécurité microbiologique des aliments
L’étude INCA 3 souligne l’apparition de nouveaux enjeux en termes de sécurité microbiologique des aliments. En effet, un certain nombre de pratiques potentiellement à risques sont en progression : augmentation de la consommation de denrées animales crues (poisson et viande de bœuf notamment), temps plus longs de conservation avant consommation des denrées périssables, dépassements plus fréquents des dates limites de consommation, températures relevées dans les réfrigérateurs parfois inadaptées.
Pas assez d’activité physique
De plus, les niveaux d’activité physique et de sédentarité des Français peuvent quant à eux être qualifiés d’inadaptés : une activité physique insuffisante pour une grande partie de la population, un temps passé quotidiennement devant les écrans (hors temps de travail) qui ne cesse de croître, avec une augmentation moyenne sur les 7 dernières années de 20 minutes chez les enfants et d’1h20 chez les adultes.
Pour en savoir plus :
Troisième étude individuelle nationale des consommations alimentaires – INCA 3
Dossier de presse – Anses – 12/07/17
Étude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 (INCA 3)
Avis de l’Anses – Rapport d’expertise collective – juin 2017

