Le snacking résiste toujours à la crise en 2023 !
Malgré un environnement incertain et marqué par l’inflation, le marché du snacking affiche une forte croissance, confirmant ainsi son agilité et son dynamisme en dépassant les résultats de 2019 ! En enregistrant un chiffre d’affaires de 23 400 millions d’euros (+19% par rapport à 2019), le secteur démontre sa résilience et aspire à maintenir cette tendance positive en 2023.
Néanmoins, le début de l’année a été marqué par des défis tels que l’augmentation des coûts des matières premières et de l’énergie, ce qui a conduit le segment du snacking à poursuivre sa transformation afin de mieux répondre aux besoins et aux habitudes alimentaires des consommateurs.
Les offres de snacking jouent un rôle central dans la consommation hors domicile et ont largement dépassé le domaine de la seule restauration rapide. Comment le marché du snacking a-t-il évolué ? Quelles sont les attentes des consommateurs envers les offres de snacking ? Quelles sont les opportunités de ce marché ?
L’analyse de ces différents aspects permettra de mieux comprendre les enjeux et les perspectives de ce marché en pleine expansion.
Les chiffres clés du marché de snacking
A l’occasion du Salon Sandwich & Snack Show, l’étude Speak Snacking 2023 réalisée par le cabinet CHD Expert – Datassential dévoile les chiffres clés du marché de la restauration rapide et dresse les grands enjeux du marché face à la hausse des matières premières.
La restauration rapide au 1er janvier 2023 :
Milliards d'euros de chiffre d'affaires (+19% par rapport à 2019)
Points de vente (+4,08% par rapport à 2022)
Panier moyen (+1,74% en 1 an)
Budget moyen sur une semaine classique repas pris hors domicile (déjeuners et dîners)
La restauration rapide en 2022 :
Milliards d'euros de chiffre d'affaires (-6% par rapport à 2019)
Points de vente (+1,64% par rapport à 2021)
Panier moyen (+7,5% en 1 an)
Les snacks préférés des Français
(hors domicile et en livraison)
Top 10 des snacks salés
Pizza 37 % (37 % en 2021)
Burger 27 % (22 % en 2021)
Kebab 23% (11% en 2021)
Sandwichs 22 % (17 % en 2022)
Plats traditionnels 20 % (29 % en 2021)
Salades 15 % (38 % en 2021)
Sushi/sashimi 12 % (6 % en 2021)
Panini 12 % (6 % en 2021)
Tacos 12 % (3 % en 2021)
Wrap et pâtes 11 % (29 % en 2022)
Top 10 des snacks sucrés
Viennoiserie 46 % (54 % en 2022)
Pâtisseries traditionnelles 38 % (18 % en 2022)
Pâtisserie américaine 30 % (vs 18 % en 2022 et 13 % en 2021)
Crêpes 19 % (17 % en 2022)
Gaufres 14 % (4 % en 2022)
Gâteaux/biscuits 13 % (40 % en 2021)
Yaourt/ fromage blanc 11 % (41 % en 2021)
Moelleux / fondant au chocolat 11 % (5 % en 2022)
Macaron 10 % (3 % en 2022)
Parmi les snacks salés que les Français préfèrent consommer hors domicile ou en livraison, on remarque que la préférence pour la pizza reste stable en 2022 et que le burger connait une popularité croissante alors que le Kebab enregistre une ascension fulgurante depuis 2021 et talonne de près le burger. Détrônera-t-il le burger à l’avenir ?
Les attentes des consommateurs en restauration rapide :
40 % des consommateurs sont en attente de services et d’une offre de plus en plus omnicanale dans leur restaurant rapide (commander des repas en ligne, effectuer des réservations via une application mobile, récupérer leur commande en magasin ou se faire livrer à domicile). La mise en place de différents canaux de vente et de communication vise à offrir aux consommateurs une flexibilité dans leurs interactions avec les points de vente, en s’adaptant à leurs préférences et à leur mode de vie.
37 % des Français recherchent davantage d’offres promotionnelles, de deals, et d’offres attractives en restauration
27 % des Français attendent la mise en place d’un programme de fidélité digital en restauration
L’inflation et le snacking
Malgré la hausse des prix, les Français souhaitent continuer à se faire plaisir, ainsi 9 Français sur 10 continuent de consommer à l’extérieur au moins une fois par mois. Mais 42 % indiquent aussi fréquenter les mêmes points de vente mais le font moins souvent.
¼ des consommateurs souhaitent toutefois conserver leurs habitudes tout en réduisant leurs dépenses. Les consommateurs ne veulent pas forcément baisser leur panier moyen mais veulent déjeuner ou diner hors domicile de façon moins récurrente pour préserver leur porte-monnaie.
Il y a un donc un vrai défi pour les acteurs du secteur pour parvenir à fidéliser les clients et ne pas les laisser partir chez la concurrence.
%
consomment à l’extérieur au moins une fois/mois
%
des consommateurs ont réduit leur fréquentation
%
ont choisi de réduire le montant dépensé en consommation hors domicile
%
des professionnels interrogés ont appliqué une hausse de leur prix de vente
%
des professionnels envisagent de la faire dans les 3 prochains mois
%
des consommateurs ont identifié une hausse des prix de 13 % en moyenne, dans les points de vente qu’ils fréquentent pour leur pause déjeuner dont 45 % sur l’ensemble des produits
Parmi les professionnels ayant augmenté leurs prix, 55 % ont observé un changement de comportement de la part de leurs clients : une diminution de la fréquentation (49 %), principalement le soir, une baisse du panier moyen (49 %) accompagnée d’une diminution significative de la consommation de desserts. Les clients sont également plus attentifs aux prix (36 %) et les professionnels rencontrent des difficultés à stimuler les ventes (31 %).
Afin de maintenir la confiance de leurs clients et préserver leur équilibre financier, 38 % des professionnels accordent une importance particulière à la relation client pour maintenir leur niveau de fidélité et 27 % ont choisi de maintenir leur gamme de plats tout en augmentant les prix.
Comment les consommateurs font face à l’inflation ?
Quelles sont leurs attentes ?
Plus de promotions en livraison (57%)
Plus de transparence de la part des professionnels sur l’augmentation des prix et les raisons qui les y conduisent (40% des répondants)
Plus de formules attractives (37%)
Déploiement de programmes de fidélisation (27%)
Quelles initiatives pour préserver leur pouvoir d’achat ?
49 % ont l’intention de limiter le gaspillage alimentaire. Une pratique motivée par des raisons d’abord économiques et pratiques (92 %) avant écologiques (78 %).
47 % souhaitent favoriser le fait maison et la gamelle.
42 % envisagent d’acheter davantage en promotion (en hausse de 2 pts).
Du changement dans les habitudes et les moments de consommation
Le déjeuner : temps fort du snacking
Même si les instants de consommation se multiplient, le déjeuner reste le moment phare du snacking :
- 45 % des consommateurs interrogés ont fréquenté au moins une fois dans la semaine (week-end inclus) un lieu hors domicile pour le déjeuner (42 % en 2022, 79% en 2019)
- 28 % ont fréquenté au moins une fois dans la semaine (week-end inclus) un lieu de type snacking pour le déjeuner (25 % en 2022, 57 % en 2019)
- 20 % ne déjeunent jamais au même endroit, ils aiment varier, découvrir de nouveaux endroits (28 % en 2021).
Les lieux de snacking où les déjeuners sont pris en 2023 :
Résultats issus de l’étude consommateurs Speak Snacking – Février 2023
- Restauration Rapide à emporter (20% en 2022, 21% en 2021 et 22 % en 2019) 19%
- Restauration Rapide sur place (18% en 2022, 28% en 2019) 19%
- Boulangerie-Pâtisserie (14 % en 2022, 19% en 2021 et 15 % en 2019) 18%
- Restauration à table à emporter (18% en 2022, 13 % en 2021 et 9% en 2019) 18%
- Hyper / Supermarché (12% en 2022, 14 % en 2021 et 15 % en 2019) 12%
- Livraison (10% en 2022, 9% en 2021 et 6% en 2019) 7%
- Epicerie de proximité (8% en 2022, 10% en 2021 et 5% en 2019) 7%
Panier moyen par acteurs du marché en 2023:
Résultats issus de l’étude consommateurs Speak Snacking – Février 2023
Restauration à table à emporter
Restauration Rapide
Boulangerie-Pâtisserie
Hyper / Supermarché
La gamelle : principal concurrent du snacking au déjeuner !
La pause déjeuner change. D’abord, les actifs y accordent plus de temps : 56 minutes en moyenne en 2023, alors qu’elle n’était que de 29 minutes en 2017.
De plus, les travailleurs sont de plus en plus nombreux à miser sur leur propre repas pour se restaurer le midi, afin de faire des économies : 48 % amènent leur gamelle une fois dans la semaine, soit une hausse 17 points en deux ans.
Qu’est ce qui poussent les Français à apporter leur repas au bureau ?
- pour des raisons économiques pour 65 % des Français
- pour consommer le plat qu’ils préfèrent (34 % )
- pour échanger avec leurs collègues qui apportent également leur gamelle (23 %).
Les instants de snacking se démultiplient : diner et petit-dej snacking
Les occasions de snacking se multiplient, de nouveaux moments de convivialité émergent, tels que les happy hours, les after-work, les pauses goûter, les pauses matinales, et les petits-déjeuners pris en dehors du domicile, qui deviennent de nouveaux leviers de croissance pour les acteurs du snacking.
En effet, les offres de snacking ne se limitent plus seulement à l’heure du déjeuner, mais séduisent également les Français pour le dîner. Selon l’enquête Speak Snacking 2023, 22 % des personnes interrogées ont avoué fréquenter au moins une fois par semaine (y compris le weekend) un établissement de type snacking pour le dîner.
En 2023, 8 % des Français déclarent prendre leur petit-déjeuner en dehors du domicile au moins une fois par semaine, tandis que 6 % fréquentent un établissement de snacking pour prendre leur petit-déjeuner au moins une fois par semaine. Le petit-déjeuner devient ainsi un nouveau moteur économique pour les acteurs du snacking, en particulier pour les boulangeries-pâtisseries, qui sont déjà les leaders sur le marché du petit déjeuner : elles représentent 43 % des petits-déjeuners pris dans les lieux de snacking, devançant largement la restauration à emporter (19 %) et la restauration rapide sur place (18 %).
La livraison et la vente à emporter s’imposent
La tendance « homing » prend de l’ampleur: en 2022, 21 % des visites dans le secteur de la restauration hors domicile (RHD) se concentrent désormais sur une consommation « à la maison » (par rapport à 10 % en 2019). Cette évolution met en évidence un changement significatif dans les habitudes des consommateurs, qui privilégient de plus en plus les repas à emporter ou à livrer pour profiter d’une expérience culinaire dans le confort de leur foyer.
En conséquence, la livraison et la vente à emporter, qui ont connu une explosion pendant la crise sanitaire, sont désormais devenues indispensables, et les professionnels du secteur l’ont bien compris.
En 2022, plus de la moitié des restaurants traditionnels proposaient un service de vente à emporter, et 19 % proposaient également la livraison.
Si l’inflation persiste, un tiers des Français indiquent qu’ils réduiront les livraisons de repas en préparant davantage de plats à la maison.
De plus, 33 % des personnes interrogées envisagent également de privilégier le retrait en magasin (« click and collect ») plutôt que la livraison.
Les Français et la livraison :
63 % des Français se font livrer au moins une fois par mois
77 % sont très attentifs aux frais de livraison
63 % sont sensibles à l’aspect humain de la plateforme
57 % s’intéressent beaucoup aux promotions
34,60 € de panier moyen pour une livraison (27€ en 2020)
11,95 € de panier moyen par personne sur une livraison (11,70 € en 2020).
Top 3 des plats commandés en livraison :
- Pizza 60 % (66 % en 2020)
- Burger 30 % (46% en 2020)
- Kebab 21 % (24% en 2020)
Le snacking haut de gamme
Le concept de restauration rapide « haut de gamme » prend une place majeure dans l’univers du snacking, même si le contexte d’inflation pourrait potentiellement changer la donne dans les mois à venir. On l’appelle « fast casual » ou « fast good ».
Cette restauration entre le traditionnel et le rapide, plus moderne, qui adopte à son grand frère des codes de l’accueil et de qualité supérieures avec une plus grande attention portée à l’approvisionnement et proposant des recettes originales, en misant sur un décor et une thématique pointue, tout en garantissant un prix abordable et un service rapide. Et bien sûr, ce concept tire toujours parti des outils digitaux et des réseaux sociaux pour accompagner son offre.
La digitalisation et le snacking
L’étude Speaking 2023 met en évidence les attentes croissantes des consommateurs en matière de digitalisation des points de vente, en particulier en ce qui concerne les nouvelles méthodes de commande.
Bien que la recherche d’un établissement sur un moteur de recherche, la consultation des avis pour faciliter le choix et la visite du site web de l’établissement restent des éléments importants, de nouveaux comportements émergent : en 2023, 57 % des consommateurs consultent la version digitale du menu du restaurant (contre 29 % en 2021), 58 % des consommateurs passent commande dans le point de vente via des bornes de commande (contre 44 % en 2021) et 43 % utilisent une carte de fidélité digitale du point de vente (contre 37 % en 2021).
La digitalisation présente également des avantages pour les entreprises du secteur : elle permet d’améliorer l’organisation (grâce à la planification en ligne pour les équipes, en évitant les erreurs de commandes, en accélérant la transmission des informations…) ainsi que la gestion du restaurant grâce aux données collectées (connaissance des menus et des plats les plus populaires, création d’une base de données clients, fidélisation et attraction de nouveaux clients par le biais de campagnes de mailing…).
L’essor du végétal
Plus de 40 % des Français ont opté pour au moins un repas végétarien (déjeuner ou dîner) au cours de la semaine écoulée. Au cours des 12 derniers mois, 13 % des Français ont déclaré consommer davantage de produits végétariens ou à base de produits végétaux, tandis que 31 % affirment en consommer autant.
Les professionnels ne peuvent pas faire l’impasse sur cette tendance, car ne pas proposer une offre adaptée signifie passer à côté d’une clientèle potentielle.
Des marchés tels que celui du burger l’ont bien compris : il est désormais impensable de ne pas proposer une option végétarienne ou une alternative végétale. Des concepts de boulangerie et de pâtisserie végétariennes commencent également à se développer partout.
Top 3 des plats végétariens les plus consommés :
- Plats cuisinés (51 %)
- Sandwichs (25 %)
- Burgers (16 %)
Cette tendance se confirme avec l’apparition d’offres végétariennes dans le domaine du snacking, pour répondre aux attentes des consommateurs. Cependant, 63 % des 18-24 ans estiment que l’offre végétarienne n’est pas suffisamment développée dans les points de vente qu’ils fréquentent.
L’arrivée de la vaisselle réutilisable
La restauration rapide a rapidement dû s’adapter aux nouvelles exigences de la loi AGEC dès le début de l’année 2023. Cette réglementation a imposé l’utilisation de la vaisselle réutilisable afin de réduire les emballages dans ce secteur.
Une étude révèle que plus de la moitié des personnes interrogées, dont une majorité de femmes (60 %), est informée de cette mesure visant à minimiser les déchets dans la restauration rapide.
Cette initiative est largement saluée par les consommateurs, qui la considèrent comme nécessaire (47 %) et justifiée (37 %).
Cependant, l’application de cette mesure reste mitigée, car 31 % des consommateurs estiment que cette obligation n’est pas respectée, et 37 % affirment que ce n’est pas encore une pratique systématique.
La transition vers la vaisselle réutilisable représente un pas important vers une restauration rapide plus respectueuse de l’environnement, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour assurer une adoption plus généralisée de cette pratique durable.

