Vers une entreprise alimentaire plus durable et responsable
Aujourd’hui, la transition écologique s’impose comme une évidence. Pour les artisans de l’alimentaire, c’est à la fois une nécessité face aux enjeux environnementaux, et une opportunité de renforcer leur entreprise. Elle permet de préserver le savoir-faire tout en améliorant la performance économique et en répondant aux attentes des clients.
Chaque artisan peut faire évoluer ses pratiques à son rythme, par petites étapes, pour réduire son impact environnemental, social et économique.
La mise en place d’une démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) permet de structurer cet engagement. Elle repose sur des actions concrètes : trier et valoriser les biodéchets, limiter le gaspillage alimentaire, mieux gérer l’énergie et l’eau, choisir des fournisseurs responsables ou encore sensibiliser les équipes.
À travers des bonnes pratiques, des exemples de terrain et des ressources utiles, il est possible d’identifier les premières étapes à franchir, les outils à mobiliser et les bénéfices à attendre, à la fois pour l’environnement, pour l’activité de l’entreprise et pour la qualité de vie au travail.
S’engager dans cette dynamique, c’est faire évoluer ses pratiques en cohérence avec les attentes des clients, des collaborateurs et des territoires. C’est aussi affirmer son identité d’artisan responsable et tourné vers l’avenir.
Qu’est ce qu’une démarche de RSE et pourquoi l’intégrer dans son activité artisanale ?
Une démarche RSE, c’est agir au quotidien dans son entreprise pour avoir un impact positif sur l’environnement, les personnes et la société, tout en restant économiquement viable. C’est une démarche volontaire et progressive qui s’adapte à la taille et aux moyens de chacun.
Concrètement, cela permet de :
faire des économies en optimisant ses ressources (énergie, matières premières, emballages),
renforcer la confiance de ses clients, en montrant son engagement pour le local, la qualité et l’environnement,
attirer et fidéliser des collaborateurs, notamment les jeunes, sensibles aux entreprises engagées,
anticiper les évolutions du marché, en se positionnant comme acteur responsable et innovant,
gagner en visibilité, car les engagements concrets attirent l’attention, en boutique comme sur les réseaux.
Pas besoin de tout révolutionner d’un coup : même de petits gestes comptent. En travaillant étape par étape, avec des actions simples et adaptées à votre réalité, il est possible d’enclencher une dynamique positive, durable et valorisante.
La CMA Nouvelle-Aquitaine vous accompagne :
- Initiez votre démarche RSE avec un diagnostic personnalisé proposé par le réseau des CMA : avec ce diagnostic RSE spécifiquement adapté aux entreprises artisanales, identifiez les leviers pour améliorer votre rentabilité, attirer et fidéliser les talents, obtenir certaines aides publiques …
- Nos offres Performance environnement : accompagnement à la transition écologique en format 1 jour ou 2 jours
Agir en faveur de l’environnement et promouvoir la sobriété
L’urgence écologique et climatique rend indispensable pour toute entreprise de réduire ses impacts négatifs sur l’environnement grâce à une approche de sobriété globale, limitant la demande en ressources naturelles.
Prévention et gestion des déchets et biodéchets
La réduction de la production de déchets est la première règle en matière de gestion durable. L’économie circulaire, qui vise à limiter la consommation et le gaspillage des ressources et la production de déchets, s’impose comme un nouveau modèle.
Lutte contre le gaspillage alimentaire
Le gaspillage alimentaire est un non-sens économique, social et écologique et un défi majeur. La loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) fixe un objectif de réduction de 50% d’ici 2030 par rapport à 2015 pour l’ensemble des acteurs.
La démarche s’appuie sur la hiérarchie des 3 « R » : Réduire, Réutiliser/Réemployer, Recycler.
Quelques bonnes pratiques :
- Réutilisation des invendus dans de nouvelles préparations :
Exemples : une boulangerie s’est associée à une brasserie pour transformer le pain invendu en bière, et utilise les fonds de cuve de la brasserie pour un pain élaboré avec de la chapelure d’invendus, une autre utilise une crumbler pour transformer les invendus en chapelure pour de nouvelles recettes, et donne une seconde vie aux produits (pudding, croûtons). - Revente à prix réduits via des applications comme Too Good To Go ou Phenix.
Exemple : un primeur commercialise les fruits et légumes invendus mais consommables sous forme de paniers solidaires via des applications ou en magasin. - Don aux associations d’aide alimentaire :
Exemples : une boucherie donne chaque soir ses invendus à une association locale, réduisant d’un tiers ses déchets et un boulanger donne ses invendus au Secours Populaire. - Valorisation organique ou énergétique : compostage ou méthanisation des biodéchets.
- Sensibilisation et prévention : informer les clients et salariés aux enjeux du gaspillage alimentaire et adapter l’offre à la demande.
Gestion des biodéchets
Depuis le 1er janvier 2024, tous les producteurs de biodéchets (particuliers et professionnels) ont l’obligation de les trier séparément pour leur valorisation (compostage ou méthanisation). Les huiles alimentaires usagées doivent être stockées séparément et collectées par un prestataire agréé.
Bonnes pratiques pour réduire le volume de biodéchets :
- Mesurer la production de déchets et biodéchets.
- Sensibiliser et former le personnel.
- Ajuster la production en fin de service.
- Utiliser des sacs transparents pour le contrôle visuel.
Exemples : Un boulanger limite les déchets en se faisant livrer la farine en vrac, utilise des caisses réutilisables pour les livraisons, donne les invendus au Secours Populaire, récupère les huiles de cuisson pour traitement spécialisé, utilise des sacs papier adaptés à la taille du produit, sensibilise son personnel et refuse la publicité papier.
Une autre boulangerie a étudié ses emballages, mis en place la consigne avec un prestataire et offre une réduction pour les clients apportant leur contenant. Elle travaille avec un prestataire pour leur compost, limite les invendus, a créé un guide anti-gaspillage et développe des boissons maison pour réduire les contenants.
Bonnes pratiques pour des solutions de valorisation :
- Sur place ou hybride : utilisation d’un composteur ou d’un déshydrateur pour réduire le volume et récupérer l’eau.
- Par collecte : organisée par les collectivités ou des prestataires privés. Un Document d’Accompagnement Commercial (DAC) est obligatoire pour le transport des biodéchets.
La CMA Nouvelle-Aquitaine vous accompagne :
Tri des biodéchets à la source : la CMA vous accompagne pour répondre aux évolutions règlementaires
Plus d’infos sur www.cma-nouvelleaquitaine.fr
Sobriété Énergétique
La gestion durable de l’énergie est cruciale pour réduire l’impact environnemental et les coûts.
Bonnes pratiques :
Sensibiliser les salariés aux éco-gestes simples : éteindre les lumières, optimiser les appareils électriques, mettre en veille.
Chauffage et isolation : consigne de 19°C maximum, réduire la température en période d’inoccupation, bien isoler les locaux.
Exemple : une boulangerie a construit un four à bois qui sert aussi de chauffage en hiver.
Optimisation des cuissons et de l’équipement : organiser la production, entretenir le matériel, choisir des équipements à basse consommation (LED, vitrines réfrigérées fermées).
Exemples : une brasserie a réduit sa consommation électrique d’un tiers grâce à des procédés peu énergivores.
Énergies renouvelables : opter pour des fournisseurs d’énergie renouvelable ou produire sa propre énergie.
Exemple : un primeur a remplacé ses éclairages par des LED et prévoit d’installer des panneaux solaires.
Optimisation des contrats : adapter les contrats d’électricité pour bénéficier des heures creuses. Exemple : une pâtisserie a refait son réseau électrique, utilise des LED, un programmateur, un four à bois et charge les appareils à batterie pendant les heures creuses.
Réaliser un diagnostic énergétique pour des mesures plus ciblées.
La CMA Nouvelle-Aquitaine vous accompagne :
La CMA Nouvelle-Aquitaine vous aide à mettre en place une démarche bénéfique pour l’environnement et pour votre portefeuille !
Plus d’infos sur www.cma-nouvelleaquitaine.fr
Gestion de l’Eau
La préservation de l’eau est essentielle face à la raréfaction de la ressource.
Bonnes pratiques :
Recourir à des produits et process nécessitant moins d’eau.
Mettre en place un système de réutilisation de l’eau.
Exemple : la mise en circuit fermée d’eaux de refroidissement chez un glacier.
Limiter l’impact des rejets en eaux usées (installer des séparateurs à graisses, éviter de jeter graisses et débris dans les éviers).
Exemple : la mise en place d’un bac à graisse chez un traiteur.
Sensibiliser le personnel aux éco-gestes.
Approvisionnement responsable et produits éco-responsables
Le choix des produits et des matières premières est un enjeu majeur de l’écoresponsabilité.
Définition de l’achat responsable : choisir un fournisseur pour minimiser les impacts environnementaux et sociétaux, favoriser les circuits courts, les produits écoconçus et ceux consommant moins d’énergie, d’eau ou de transport.
Bonnes pratiques :
- Privilégier les produits locaux et de saison.
Exemples : une boulangerie utilise des farines de la région et des fruits et légumes locaux de saison.
Un fromager travaille avec des producteurs fermiers et artisans locaux. - Favoriser les produits issus de l’agriculture biologique, raisonnée ou à haute valeur environnementale.
- Améliorer la transparence, la traçabilité et la qualité des produits.
Exemple : une boulangerie utilise du levain naturel et une fermentation longue pour une meilleure digestibilité. - Choisir des fournisseurs ayant une démarche environnementale reconnue (labels officiels, ISO 14001).
- Privilégier la réparation au remplacement.
Vers une mobilité et une logistique à faible impact
Le transport routier émet des polluants et du CO2. Il est important de repenser la logistique pour limiter l’impact environnemental.
Bonnes pratiques :
- Optimiser les tournées de livraison et la logistique.
- Former les chauffeurs à l’éco-conduite (conduite souple et modérée).
- Encourager les alternatives à la voiture solo pour les salariés (covoiturage, vélo, transports en commun).
- Acquérir des véhicules moins polluants (hybrides, électriques, vélos cargos).
Exemples : un foodtruck a opté pour un choix écologique avec un véhicule hybride et des panneaux solaires et un poissonnier a adapté son contrat d’électricité pour recharger son véhicule électrique pendant les heures creuses
La CMA Nouvelle-Aquitaine vous accompagne :
Soutien à la mobilité : la CMA Nouvelle-Aquitaine vous accompagne dans une mobilité plus durable.
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Gestion des Emballages
Il est crucial de limiter les emballages non réutilisables et de privilégier les solutions durables.
Bonnes pratiques :
- Choisir des emballages écologiques, recyclables ou réutilisables.
- Limiter la distribution d’emballages au strict nécessaire.
- Accepter les contenants apportés par les clients ou mettre en place un système de consigne.
Exemples : une boulangerie-pâtisserie incite les clients à venir avec leurs propres sacs en tissu, boîtes en verre/plastique, offre des sachets réutilisables paraffinés et propose une carte « zéro déchet ».
Une boucherie a mis en place la consigne et propose une réduction de prix si les clients apportent leur propre contenant.
Un primeur a diminué au maximum le plastique et privilégie le réemploi, mettant à disposition des sacs en carton alimentaire ou des cageots réutilisables pour les livraisons. - Limiter la fourniture de couverts jetables et de sacs en plastique à usage unique, désormais interdits dans de nombreux cas.
- Sensibiliser la clientèle à la réduction des déchets.
La CMA Nouvelle-Aquitaine vous accompagne :
Accompagnement Réemploi emballages : un expert en transition écologique de la CMA vous aide à évaluer vos pratiques en matière d’emballages pour les optimiser et vous mettre en conformité vis-à-vis de vos emballages.
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Le volet social : bien-être, engagement et attractivité des métiers
Au-delà de la visibilité et de la relation client, les artisans de l’alimentaire ont tout à gagner à intégrer les enjeux sociaux dans leur développement. Le bien-être au travail, l’engagement des équipes et l’attractivité des métiers sont des leviers essentiels pour la pérennité et le développement de l’entreprise.
Bonnes pratiques :
- Attirer et fidéliser les talents. Face à la pénurie de main-d’œuvre et à l’évolution des attentes, il est primordial de proposer de meilleures conditions de travail, de valoriser la formation et d’accueillir des profils diversifiés.
Exemple : Une boucherie a formé plus de 100 apprentis, inséré des travailleurs étrangers et vu l’un d’eux devenir Meilleur Ouvrier de France.
- Améliorer les conditions de travail. Les métiers de l’alimentaire sont physiquement exigeants. Adapter les horaires, moderniser les équipements ou organiser une rotation des postes peut limiter la pénibilité et améliorer la santé des équipes.
Exemples : Une boulangerie propose des semaines de 4 jours avec week-end allongé toutes les 3 semaines. Une autre utilise des distributeurs de pain pour alléger la charge de travail des vendeurs. - Renforcer l’engagement des salariés. Impliquer les salariés dans les décisions, les concours ou les démarches de labellisation favorise le sentiment d’appartenance et améliore l’image employeur.
Exemple : une entreprise artisanale a mis en place un comité d’entreprise externalisé et a été récompensée à deux reprises pour ses engagements écoresponsables.
La CMA Nouvelle-Aquitaine vous accompagne :
La CMA vous propose plusieurs solutions d’accompagnements pour la gestion des ressources humaines.
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S’ancrer localement et agir pour la société
Les entreprises artisanales de l’alimentaire jouent un rôle essentiel dans la vie économique et sociale des territoires. En s’engageant localement, elles renforcent leur impact positif tout en fidélisant une clientèle de plus en plus attentive aux valeurs qu’elles incarnent.
Bonnes pratiques :
- Favoriser les circuits courts et valoriser les produits du terroir, afin de soutenir l’économie locale et de garantir la fraîcheur des produits.
- Soutenir des associations locales, organiser des ateliers pédagogiques avec les écoles ou participer à des événements environnementaux ou solidaires, ce qui contribue au lien social et au bien commun.
- Mettre en place des dispositifs solidaires comme des produits « suspendus » (offerts à des personnes dans le besoin) ou collaborer avec la restauration collective pour améliorer l’offre alimentaire locale.
- Structurer cette démarche à travers une charte ou un plan d’action environnemental, afin de renforcer la transparence, de gagner la confiance des clients et d’inscrire son activité dans une dynamique durable, à l’échelle du territoire.
Des guides pratiques à consulter :
De nombreux guides existent pour accompagner les entreprises dans leur démarche écologique et RSE.
Transition écologique dans les métiers de bouche (CGAD – 2023)
Premier guide RSE – Boucherie (CFBCT – 2024)
Boulangerie : bonnes pratiques RSE (CNBPF – 2025)
Guide de l’ artisan éco-responsable (CMA Gironde / Bordeaux Métropole – 2025)

