Portrait des entreprises des métiers de bouche en 2023
Quel est le poids économique des métiers de l’alimentaire ? Combien d’entreprises existent par activité ? Quelle est l’évolution du secteur ? Combien de salariés y travaillent ? Qui sont leurs dirigeants ?
Pour mieux comprendre les entreprises des métiers de bouche, identifier leurs atouts et les défis qu’elles doivent relever, il est essentiel de dresser un état des lieux des entreprises de l’alimentaire. Voici une synthèse des données de l’Observatoire paritaire prospectif des métiers et des qualifications dans les métiers de l’alimentation.
L’Observatoire publie annuellement des tableaux de bord pour six branches : la boulangerie-pâtisserie artisanale, la boucherie, la charcuterie de détail, la chocolaterie-confiserie, la pâtisserie et la poissonnerie. Les tableaux de bord 2023 fournissent des données chiffrées sur le poids et l’évolution économique de chaque métier, dressent un portrait de leurs salariés et évaluent l’implication des entreprises en matière d’apprentissage.
Le secteur des métiers de bouche et son évolution
Nombre d’entreprises en 2020

34 210
Boulangerie-pâtisserie artisanale
Le nombre d’entreprises de boulangerie-pâtisserie (1071C) est en hausse ces cinq dernières années. Après avoir atteint un seuil plancher en 2011, le tissu progresse à nouveau sensiblement.

6 612
Pâtisserie et glacerie artisanale
Le nombre d’entreprises est en croissance constante depuis 2013. En 2020 le nombre d’entreprises progresse au sein des activités de pâtisserie et de glacerie, respectivement +3% et +5%

5 570
Chocolaterie-confiserie
Le nombre d’entreprises de chocolaterie-confiserie est en progression depuis 2009, notamment pour ce qui concerne l’activité de fabrication (1082Z). Le tissu des commerçants (4724Z) perd quand à lui des entreprises en 2020 (-2 %).

16 405
Boucherie
En 2020, 16 405 entreprises (soit 18 640 établissements) sont actives dans l’activité de commerce de viandes (4722Z). Ce nombre est en progression régulière depuis 2014.

3 150 (1013B)
Charcuterie artisanale
L’activité de la charcuterie artisanale dépend en principe du code NAF 1013B mais est répartie en pratique sur plusieurs codes NAF (4722Z commerce de viandes), 5621Z (services des traiteurs), de sorte qu’il est difficile de définir
précisément le nombre global des entreprises de charcuterie artisanale en l’état actuel de la nomenclature. Le nombre d’entreprises de charcuterie immatriculées sous les codes NAF 4722Z et 5621Z ne peut être déterminé.

4 760
Poissonnerie
Le nombre d’entreprises de commerce de poissons (hors professionnels exerçant sur halles et marchés) poursuit sa hausse en 2020, que ce soit dans le commerce de détail (4723Z) ou le commerce de gros (4638A). En 10 ans, le tissu d’entreprises a progressé de 13%.
Les créations d’entreprises en 2022

1 520
Ce nombre est à la baisse par rapport à 2021, qui était une année de «rattrapage» post-sanitaire. Le nombre de créations est néanmoins bien supérieur à ce qu’il était en 2019.

1 285
Le nombre de créations d’entreprises a été multiplié par deux dans les deux activités depuis dix ans. En 2022, la croissance continue : 1 214 entreprises de pâtisserie (1071D) ont été créées et 71 entreprises de glacerie (1052Z).

555
En 2022, les créations d’entreprises ont maintenu leur dynamisme, bien que légèrement en deçà de 2021. 235 créations ou reprises d’entreprises de chocolaterie-confiserie ont été enregistrées dans la fabrication (1082Z, soit un tassement de 3 % par rapport à 2020), et 320 dans le commerce de confiserie détail (4724Z, -13 %).

545
Un chiffre en baisse par rapport à l’année précédente. Le taux de création est environ de 3,3 % en 2022 (contre 5,7 % en 2021).

123 (1013B)
Les immatriculations d’entreprises de charcuterie (1013B) augmentent en 2022 avec un taux de renouvellement de 3,9 %. Dans les services de traiteurs (5621Z) les créations continuent d’augmenter en 2022 avec 4 165 créations, soit un taux de renouvellement de 23%. En revanche, dans le commerce de viandes (4722Z) les créations enregistrent une forte baisse en 2022, avec un taux de renouvellement de 3,3 %.

262
Avec environ 260 créations en 2022 (hors professionnels exerçant sur halles ou marchés), le nombre d’immatriculations est sensiblement à la baisse, que ce soit pour les poissonniers détaillants ou grossistes.
Défaillances d’entreprises en 2022
Taux de défaillance en 2022 : ratio nombre d’entreprises en défaillances (entreprises faisant l’objet d’une procédure de redressement judiciaire) /nombre d’entreprises.

2 %
866 défaillances de boulangeries-pâtisseries ont été enregistrées en 2022. Avec l’effet de la crise sanitaire, le nombre d’entreprises défaillantes avait diminué. En 2022 ce nombre retrouve un niveau proche de celui de 2019.

1,2 %
Après une baisse importante en 2021, les défaillances des entreprises de pâtisserie sont de nouveau à la hausse en 2022 et retrouvent leur niveau d’avant crise sanitaire. Elles restent stables dans les entreprises de glacerie.

1,3 %
Après une baisse en 2017, le nombre de défaillances repart à la hausse. En 2022, 61 défaillances de détaillants (4724Z) ont été enregistrées, et 10 défaillances de fabricants (1082Z). Le taux de défaillance est deux fois plus élevé chez les détaillants (1,1 %) que chez les fabricants (0,5%).

1,8 %
356 défaillances de commerces de viandes ont été enregistrées en 2022. Avec l’effet de la crise sanitaire, le nombre d’entreprises défaillantes avait diminué. En 2022 ce nombre retrouve le niveau de 2019.

1,2 %
Après un recul dû à la crise sanitaire en 2020 et 2021, le nombre de défaillances a connu une hausse en 2022 dans l’activité de charcuterie (1013B). Mais le niveau de ces défaillances reste toutefois inférieur aux chiffres des années antérieures à la crise sanitaire.

1,7 %
Dans le commerce de détail de poissonnerie (4723Z), 54 défaillances d’entreprises ont été enregistrées en 2022. Après une baisse due à la crise sanitaire, le nombre de défaillance est à nouveau à la hausse en 2022 et retrouve le niveau de 2019.
Densité
Densité moyenne pour 100 000 habitants en 2018

51/100 000
Cette densité était de 53 en 2005. La densité est plus forte dans les départements ruraux. Les boulangeries-pâtisseries sont surreprésentées dans les unités urbaines de moins de 5 000 habitants (31 % des entreprises sont localisées dans ces territoires alors que 30 % de la population y réside). En revanche, le tissu est moins dense dans les unités urbaines de plus de 200 000 habitants et dans l’agglomération parisienne.

9/100 000 pour la pâtisserie et 1/100 000 pour la glacerie
Les entreprises de pâtisserie-glacerie sont plutôt localisées dans les petites, moyennes et grandes agglomérations. Elles sont sous représentées, par rapport à la population, en milieu rural (unités urbaines de moins de 5000 habitants) et dans l’agglomération de Paris (13 % des pâtisseries et 7 % des glaceries y sont localisées, pour 16 % de la population).

2,8/100 000 pour les fabricants et 6/100 000 pour les détaillants
La localisation des commerces de pain-pâtisserie et confiserie (4724Z) apparaît à dominante urbaine : ils sont largement sous-représentées dans les unités urbaines de moins de 5 000 habitants (12 % des entreprises pour 30 % de la population), alors que les entreprises de fabrication (1082Z) y sont bien représentées (27 %). On constate la situation inverse dans l’agglomération parisienne où les fabricants sont sous-représentés. Le tissu est plus dense que la moyenne pour les deux activités (1082Z et 4724Z) dans les unités urbaines de 5000 à 199 999 habitants

24/100 000
Le tissu des entreprises de commerce de viandes (4722Z) est réparti de façon relativement équilibrée dans les territoires ruraux et urbains : 26 % des boucheries sont localisées en commune rurale (contre 30 % de la
population). Le tissu est un peu plus dense dans les petites agglomérations urbaines de moins de 50000 habitants, dans les moyennes agglomérations ainsi que dans l’agglomération de Paris. Il est en revanche proportionnel à la population dans les agglomérations de plus de 200 000 habitants.

5/100 000
Les entreprises 1013B sont surreprésentées dans les unités urbaines de moins de 50000 habitants (61 % des entreprises sont localisées dans ces territoires alors que 47 % de la population y réside); en revanche, le tissu est nettement moins dense dans les unités urbaines de plus de 200 000 habitants et dans l’agglomération parisienne (26 % des entreprises pour 41 % de la population). Le tissu des traiteurs est particulièrement dense dans l’agglomération parisienne.

3,8/100 000 commerce de détail et 1,8 commerce de gros
La répartition des entreprises de poissonnerie varie également selon les types d’unités urbaines : elles sont surreprésentées dans les unités urbaines comprises entre 5 000 et 200 000 habitants (45 % des entreprises de commerce de détail et des entreprises de commerce de gros sont localisées dans ces territoires alors que 29 % de la population y réside). Le tissu du commerce de gros de poissons est plus dense dans l’agglomération parisienne que le commerce de détail. Il est moins dense pour les deux activités dans les unités urbaines inférieures à 5 000 habitants.
Chiffre d’affaires (HT en milliards d’euros en 2021)

12,96 Md€
11,2 M d’€ en 2020. +14% entre 2019 et 2021.

1,94 Md€
1,25 M d’€ pour les entreprises de pâtisserie et 0,69 M d’€ pour celles de fabrication de glaces et sorbets.

4, 37 Md€
6 fois plus élevé dans l’activité de fabrication, en raison de la présence de grandes entreprises dans ce secteur.

7,7 Md€
Boucherie

1,476 Md€ (1013B)
En hausse par rapport à 2020 (+8 %).

1 Md€ (4723Z)
Chiffre d’affaires en hausse.
Travailleurs non salariés
Nombre de chefs d’entreprise, conjoints collaborateurs et micro travailleurs indépendants entrepreneurs en 2021

25 446
dont 755 micro-entrepreneurs (3 %)

5 280 (1071D) 310 (1052Z)
dont 49% de micro-entrepreneurs dans l’activité de pâtisserie et 25 % dans la glacerie.

1 170 (1082Z) 2 050 (4724Z)
dont 31 % de micro-entrepreneurs dans l’activité de chocolaterie-confiserie (en hausse) et 47% dans la fabrication.

9 184
dont 6 % de micro-entrepreneurs.

2 256 (1013B)
dont 8 % de micro-entrepreneurs.

1 476
dont 16 % de micro-entrepreneurs.
Les salariés
Nombre de salariés en 2021 / Taille moyenne des entreprises employeuses du secteur en 2022

177 600
La taille moyenne est de 6,7 en 2002 alors qu’elle était de 5 en 2011.

21 000
La taille moyenne des entreprises de fabrication de glaces et sorbets (1052Z) est relativement élevée (13,6), en raison de la présence de grandes entreprises dans ce code d’activité. Cette taille moyenne est tendanciellement en baisse, au contraire de celle des entreprises de pâtisserie (1071D), en hausse ces deux dernières années (6 en 2022).

13 300
La taille moyenne des entreprises employeuses de fabrication de chocolat (1082Z) est en baisse depuis 2011, passant de 23,8 salariés à 16,9 en 2022, mais elle reste élevée en raison de la présence de grandes entreprises. En revanche, la structure de taille des entreprises de commerce de pain, pâtisserie et confiserie (4724Z) semble être en légère augmentation au fil des années (l’effectif moyen est de 4,6 en 2022).

52 700
La taille moyenne était de 4,5 salariés en 2022 et de 3,7 en 2011.

18 900
La taille moyenne des entreprises employeuses de charcuterie (1013B) et de commerce de détail de viandes progresse depuis 2011 (5,8 en 2022). Dans les services des traiteurs, la taille moyenne des entreprises repart à la hausse après le creux observé durant la crise sanitaire.

12 200
En 2022, la taille moyenne des entreprises employeuses du commerce de détail de poissons (4723Z) est sensiblement à la baisse (3,9 salariés). En revanche, pour les entreprises du commerce de gros de poissons (4638A), la taille moyenne est tendanciellement en hausse.
La formation et l’apprentissage aux métiers
Taux de pénétration de l’apprentissage pour 100 entreprises du secteur en 2021 en France / en Nouvelle-Aquitaine

129% (129% en Nouvelle-Aquitaine)
La branche boulangerie-pâtisserie est la première activité en France pour la formation d‘apprentis. 78 % des apprentis préparent un diplôme de niveau 3.

144% (132% en Nouvelle-Aquitaine)
54 % des apprentis sont formés dans les entreprises de 1 à 10 salariés. 68 % des apprentis préparent un titre de niveau 3.

62% (68% en Nouvelle-Aquitaine)
Ce sont les entreprises de 1 à 10 salariés qui forment le plus grand nombre d’apprentis. Le niveau de diplôme préparé par les apprentis de la pâtisserie est plus élevé que dans d’autres branches de l’alimentation : 37 % des apprentis préparent un diplôme de niveau 3.

57% (64% en Nouvelle-Aquitaine)
La boucherie se caractérise par un positionnement très fort des diplômes préparés sur le niveau 3 (CAP), qui regroupent 78 % des apprentis de la branche.

50% (50% en Nouvelle-Aquitaine)
Ce sont les entreprises de 1 à 10 salariés qui forment le grand plus nombre d’apprentis. Les apprentis de la branche préparent majoritairement (70 %) un diplôme de niveau 3 (CAP ou équivalent).

12% (0% en Nouvelle-Aquitaine)
79 % des apprentis de la branche sont formés dans les entreprises de moins de 10 salariés. Le niveau de diplôme préparé par les apprentis de la branche est plus élevé que dans d’autres branches de l’alimentation.
VOUS VOULEZ EN SAVOIR PLUS ?
L’Observatoire paritaire prospectif des métiers et des qualifications dans les métiers de l’alimentation réalise des travaux (études, enquête, cartographie, répertoire des métiers et des compétences…). Pour chacune des branches, l’observatoire fournit des données statistiques sous la forme d’un tableau de bord de branche, décliné par région.
Tableau de bord Boulangerie-pâtisserie – édition 2023
Tableau de bord Boucherie – édition 2023
Tableau de bord Charcuterie – édition 2023
Tableau de bord Chocolaterie-confiserie– édition 2023
Tableau de bord Poissonnerie – édition 2023
Tableau de bord Pâtisserie– édition 2023
Observatoire paritaire prospectif des métiers et des qualifications dans les métiers de l’alimentation – 04/03/24

