Baromètre de l’apprentissage dans l’alimentaire

Avr 3, 2025 | Actualités de la filière, Articles gourmands

Une enquête menée en juin/juillet 2024 dans le cadre du baromètre apprentissage par l’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les métiers de l’alimentation dresse un portrait des entreprises formant un apprenti dans les branches de boulangerie-pâtisserie, boucherie, charcuterie/traiteur, chocolaterie/confiserie, pâtisserie/glacerie et poissonnerie.
Elle met en lumière les motivations, les modalités de recrutement et de suivi des entreprises, ainsi que leurs relations avec les centres de formation d’apprentis (CFA).

La formation d’apprentis : une pratique inscrite dans l’ADN des entreprises de l’alimentation

En effet, 59% des entreprises interrogées ont accueilli au moins un apprenti en 2023/2024. Parmi ces dernières, 55% ont formé plus de 6 apprentis depuis leur création, 40% plus de 10.
Le nombre d’apprentis accueillis croît avec l’effectif des entreprises et avec le niveau de diplôme des chefs d’entreprise.

Les 3/4 des chefs d’entreprise assurent eux même le suivi des apprentis

Dans 75 % des cas, les chefs d’entreprise sont maîtres d’apprentissage et assurent le suivi des apprentis eux-mêmes. Qu’ils soient chefs d’entreprise ou salariés, moins d’un tiers ont cependant suivi une formation dédiée à cette fonction.

La motivation principale : une volonté de transmettre et d’attirer des jeunes dans ces métiers

Le recrutement d’apprentis est motivé principalement par l’envie de transmettre le métier aux jeunes (69 %). Cette forte implication peut s’expliquer par le fait que la majorité des chefs d’entreprise ont été eux-mêmes formés par l’apprentissage.
Cette motivation se double souvent de besoins en personnel et de la volonté de recruter après l’apprentissage. Les difficultés de recrutement sont en effet une forte incitation à l’accueil et la formation d’apprentis : 70% des entreprises ayant actuellement des emplois non pourvus ont accueilli des apprentis en 2023/2024 contre seulement 30% des entreprises n’ayant pas d’emploi à pourvoir.
La possibilité de bénéficier d’aides est plus incitative pour les entreprises sans salariés (42% contre 20% en moyenne), compte-tenu de l’investissement temps requis pour le chef d’entreprise.

Des recrutements d’apprentis jugés difficiles par la moitié des entreprises

48% des entreprises ont signalé des difficultés à recruter des apprentis, dont 21% de recrutements très difficiles, citant principalement le manque de candidatures. L’offre de postes d’apprentis semble donc plus importante que la demande.
Dans les 3/4 des cas en effet, les démarches sont initiées par les apprentis et le recrutement intervient suite à une candidature spontanée.
Les entreprises sont rarement proactives pour ces recrutements : 10% passent des annonces, 26% bénéficient de l’intermédiation des CFA.
Le critère de choix d’un apprenti est avant tout la motivation du jeune, pour 81% des entreprises. Son savoir-être et la possibilité d’avoir pu le tester sont également importants pour la moitié des entreprises.

Bilan : 80% des entreprises sont satisfaites de leur apprenti

Les entreprises formant des apprentis font parfois face à des difficultés. En cours d’année, 21% des entreprises formant un apprenti ont connu une rupture, principalement à la demande de l’apprenti. Le recours à un médiateur de l’apprentissage apparaît encore limité et ne concerne que 17% des
entreprises concernées.
21% des entreprises font face à des absences répétées. Outre les problèmes de santé, les causes principales renvoient à des problèmes de motivation, de comportement ou familiaux.
Une mauvaise expérience est d’ailleurs l’une des sources principales du renoncement des entreprises à former un apprenti, devant l’absence de besoin.

Le bilan dressé par les entreprises est cependant très positif : en cette fin d’année scolaire, 80% des entreprises sont majoritairement satisfaites de
leurs apprentis.
70 % prévoient de former des apprentis lors de la prochaine rentrée scolaire.
Le bilan paraît également positif pour les apprentis : concernant par exemple les apprentis en fin de CAP, les deux-tiers vont rester dans l’entreprise, soit
pour préparer un autre diplôme (43%), soit en tant que salarié (19%).

Source : Enquêtes du baromètre apprentissage – Observatoire des Métiers de l’alimentation

Cyrielle Farges
Author: Cyrielle Farges